Besoin d’un « pep talk » avant l’accouchement?

Lors du premier cours prénatal auquel j’ai assisté, l’infirmière a brisé la glace en demandant aux participants quelle était la première chose qui leur venait en tête lorsqu’ils pensaient à l’accouchement.

« Douleur », « peur » et « stress  résumaient les réponses des futurs parents.

Si toi aussi tu te sens un peu angoissée d’affronter cette grande épreuve, voici un petit texte qui a l’objectif (et non la prétention) de te motiver.

Sache d’abord que c’est normal d’avoir peur. L’accouchement ne ressemble à aucune autre expérience de notre parcours en tant qu’être humain sur terre. Comme on a tendance à vouloir contrôler et prévoir ce qui nous est inconnu pour diminuer l’anxiété, c’est difficile en tant que personne rationnelle d’accepter qu’à un moment ou à un autre de l’accouchement, on perde le contrôle. Comme c’est inévitable, essaie tout de suite de lâcher prise. Tu peux te faire un plan de naissance tant que tu veux, demander d’avoir les lumières tamisées et de la musique, mais garde en tête que ça se peut que le moment venu, le moindre son te tape sur les nerfs, comme c’est possible que tu n’aies même pas le temps de voir la couleur des néons! 

Sache aussi que l’accouchement, c’est étrange et extraordinaire à la fois. C’est la grande ligne d’arrivée. Tu as égrainé les semaines depuis l’apparition du petit « + » sur le bâton, tu avais toujours hâte à ton prochain rendez-vous médical, tu connais par cœur l’ordre croissant des fruits qui correspondent à la grosseur du fœtus, tu as compté les mois qu’il restait, puis les semaines, puis les jours, et surtout les heures, ET TU Y ES ENFIN!!! L’aboutissement de tes efforts, de tes sacrifices, de tes inconforts, de tes espérances et de tout l’amour que tu as porté est sur le point de se concrétiser. Il n’y a pas de plus grande extase que de créer la vie et d’aller à sa rencontre.

Mais prépare-toi aussi à accepter de ne pas avoir le contrôle sur cette rencontre. Parfois, c’est l’Amour de ta vie qui est au rendez-vous. Parfois aussi, c’est la rencontre avec un petit bébé étranger.  Et c’est aussi ok. Respire belle mom, une journée à la fois. Ton petit va créer son chemin dans ton cœur, jusqu’à ce qu’il y prenne tellement de place que tu croiras l’entendre exploser.   

Bien que tu sois accompagnée d’êtres chers comme ton/ta partenaire*, ta mère, tes sœurs ou tes amis lors de ton accouchement, tu as peur de te sentir un peu isolée dans la tension. Dis-toi que tu es loin d’être seule : vous serez toujours deux, bébé et toi, et vous êtes une équipe. Chacune des contractions enveloppe ton bébé et le pousse vers ta rencontre. Chacun des répits vous permet de refaire vos énergies. Vous ne pouvez pas arrêter la vague, mais vous allez apprendre à surfer en tandem.

Si ton accouchement est rapide, tu sprinteras avec lui/elle. Et si, au contraire, il s’avère être long [lire ici un calvaire], vous vivrez ensemble chacune de ces minutes de labeur, d’attente, de persévérance. Il n’y a pas de meilleur travail d’équipe que celui d’acolytes qui ont partagé le même corps pendant neuf mois.

Comme le diraient les plus grands coureurs, ce sont dans les derniers kilomètres que le marathon débute réellement. Ce sera peut-être l’épreuve la plus difficile de ta vie, mais dis-toi que tu es faite pour passer à travers. Fais confiance à ton corps qui a su répondre aux besoins de ton bébé-loup sans même que tu aies à y penser tout au long de ta grossesse. Cette fois-ci, ton corps a besoin de toi, il a besoin de ta détermination, de ta force de caractère, de ta concentration. Se répéter ces courtes paroles en ont aidé plus d’une : « une contraction à la fois, une minute à la fois ».

Respire, tu es plus prête que tu le penses.

Justine

* Note aux papas et aux mamans : si mon texte s’adresse principalement aux mamans dont le corps s’est transformé en un outil pour faire naître la vie, ça ne veut pas dire que ta place est facultative dans cette grande aventure qu’est l’accouchement. Le rôle de parent accompagnant en est un d’importance capitale qui requiert patience, bienveillance et un soutien de tout instant. Bref, tu es le gardien/la gardienne de la bulle familiale durant l’accouchement.